Loading...

🏠 Nouvelle loi sur l’indivision : ce qui change depuis le 7 avril 2026

16/09/2026


La loi du 7 avril 2026 relative Ă  l’indivision vise principalement Ă  faciliter la gestion et la vente des biens dĂ©tenus par plusieurs personnes, notamment dans le cadre des successions.

L’objectif est de limiter les situations de blocage qui peuvent durer plusieurs annĂ©es lorsqu’un ou plusieurs indivisaires refusent de vendre ou de partager un bien.

1. Vente d’un bien indivis : le juge peut dĂ©sormais autoriser un seul indivisaire Ă  agir

La rĂ©forme assouplit les rĂšgles concernant la vente d’un bien dĂ©tenu en indivision.

Dans certaines circonstances particuliĂšres, un indivisaire peut dĂ©sormais ĂȘtre autorisĂ© par le juge Ă  conclure seul la vente d’un bien indivis, alors que l’ensemble des indivisaires n’est pas nĂ©cessairement d’accord.

Cette possibilitĂ© peut notamment ĂȘtre envisagĂ©e lorsque :

  • la vente est dans l’intĂ©rĂȘt commun des indivisaires ;
  • il est nĂ©cessaire de prĂ©server la valeur du patrimoine ;
  • le refus d’un ou plusieurs indivisaires entraĂźne un blocage prĂ©judiciable Ă  la gestion du bien.

L’objectif est donc d’éviter qu’un seul indivisaire puisse empĂȘcher durablement une opĂ©ration qui serait pourtant bĂ©nĂ©fique pour l'ensemble.

2. Une avancée importante : la majorité des deux tiers des droits

La rĂ©forme introduit Ă©galement un mĂ©canisme permettant de dĂ©passer plus facilement l’opposition d'une minoritĂ©.

Désormais, lorsque les indivisaires représentant au moins deux tiers des droits indivis souhaitent vendre ou partager le bien, ils peuvent faire constater leur volonté devant notaire.

La procédure est ensuite encadrée :

  1. Les indivisaires représentant au moins 2/3 des droits expriment leur volonté de vendre ou de partager.
  2. Cette dĂ©cision doit ĂȘtre notifiĂ©e aux autres indivisaires dans un dĂ©lai d’un mois, selon une procĂ©dure prĂ©cise.
  3. Les indivisaires qui ne sont pas d’accord disposent alors de 3 mois pour s’opposer.
  4. En cas d’opposition, le tribunal judiciaire peut malgrĂ© tout autoriser la vente ou le partage, Ă  condition que cette opĂ©ration ne porte pas une atteinte excessive aux droits des indivisaires opposants.
  5. En l’absence d’opposition, ou si le juge autorise l’opĂ©ration, celle-ci devient opposable Ă  l’ensemble des indivisaires.

👉À retenir : un indivisaire minoritaire ne dispose donc plus systĂ©matiquement d’un pouvoir de blocage absolu.

3. Le partage judiciaire est largement étendu

La réforme modernise également les rÚgles du partage judiciaire.

Auparavant, ce mĂ©canisme concernait principalement les situations d’indivision successorale.

Il peut dĂ©sormais ĂȘtre utilisĂ© plus largement dans le cadre de la liquidation et du rĂšglement des intĂ©rĂȘts patrimoniaux :

  • des Ă©poux ;
  • des partenaires liĂ©s par un PACS ;
  • des concubins.

Autre nouveautĂ© importante : le partage judiciaire peut Ă©galement ĂȘtre engagĂ© mĂȘme lorsqu’il n’existe plus d’indivision, lorsque la situation patrimoniale est particuliĂšrement complexe et nĂ©cessite l’intervention de la justice.

Le tribunal judiciaire peut alors :

  • ordonner le partage ;
  • dĂ©signer un notaire chargĂ© de procĂ©der aux opĂ©rations de liquidation et de partage ;
  • contrĂŽler le dĂ©roulement de la procĂ©dure ;
  • homologuer le rĂ©sultat lorsque cela est nĂ©cessaire.

4. Des démarches administratives davantage dématérialisées

La loi prévoit enfin une modernisation des formalités de publicité et de notification.

Les publicitĂ©s lĂ©gales peuvent progressivement ĂȘtre effectuĂ©es par voie numĂ©rique, en complĂ©ment des moyens traditionnels.

Les annonces judiciaires et légales bénéficient également de nouveaux moyens de diffusion en ligne.

L’objectif est de rendre les procĂ©dures :

  • plus rapides ;
  • plus simples ;
  • moins lourdes administrativement ;
  • tout en conservant leur sĂ©curitĂ© juridique.

🔑 Ce qu’il faut surtout retenir

Cette rĂ©forme va dans le sens d'une sortie plus facile des situations d’indivision, notamment lorsqu’un dĂ©saccord entre hĂ©ritiers ou copropriĂ©taires bloque la vente d’un bien.

Le point particuliĂšrement intĂ©ressant est le mĂ©canisme des 2/3 des droits indivis : une majoritĂ© qualifiĂ©e peut dĂ©sormais engager une procĂ©dure de vente ou de partage, mĂȘme si certains indivisaires s’y opposent.

Cependant, la majoritĂ© des deux tiers ne signifie pas que les deux tiers peuvent vendre directement sans formalitĂ©. La procĂ©dure devant notaire, l’information des autres indivisaires et, en cas d’opposition, l’intervention Ă©ventuelle du tribunal restent nĂ©cessaires.

🏡 ConsĂ©quence pratique dans l’immobilier

Pour un professionnel de l’immobilier, cette rĂ©forme est particuliĂšrement intĂ©ressante dans les ventes issues de successions ou de patrimoines dĂ©tenus en indivision.

Elle peut permettre de débloquer certaines situations dans lesquelles :

plusieurs hĂ©ritiers souhaitent vendre un bien, mais l’un d’entre eux refuse ou ne coopĂšre pas.

La nouvelle procédure donne davantage de possibilités pour faire avancer le dossier vers une vente, sans pour autant supprimer les droits des indivisaires minoritaires.

En rĂ©sumĂ© : la loi du 7 avril 2026 cherche Ă  passer d’une logique de blocage Ă  une logique de sortie de l’indivision, en donnant davantage de poids Ă  la majoritĂ©, en renforçant le rĂŽle du notaire et en permettant au juge d’intervenir plus efficacement lorsque la situation est bloquĂ©e.

Partager ce contenu
En ce moment
Partagez un contact et gagnez 960€* en moyenne
En me transmettant les coordonnées de votre contact, vous percevrez 10% de mes honoraires si la vente se concrétise.
Devenir apporteur d'affaires
Partagez un contact et gagnez 960€* en moyenne

Découvrez le prix de votre bien par rapport au marché

Vendre vite c'est vendre au bon prix
Véronique DESCHAMPS
Véronique DESCHAMPS
ConseillĂšre Capifrance